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Mener une démarche d’éducation nutritionnelle
La question nutritionnelle peut être abordée spontanément par le patient : demande de conseils, d’informations, préoccupations par rapport au poids, à la santé, etc.
Il arrive aussi que le patient ne souhaite pas évoquer ces questions, soit parce que cela ne le préoccupe pas, soit parce qu’il estime que ce n’est pas du ressort du médecin, ou encore parce qu’il a peur d’un jugement ou d’une réaction trop dogmatique de sa part.
1. Les grands principes à respecter :
- Avoir une vision positive de la santé : la santé est présentée comme une ressource pour agir et non pas comme l’absence de maladie. Il s’agit pour le professionnel de rechercher à développer l’adaptabilité du patient à son environnement, en s’appuyant sur son potentiel et ses ressources personnelles ou sociales. Il veillera également à ne pas susciter de sentiments négatifs tels que la culpabilité, la stigmatisation, l’anxiété, les sentiments d’anormalité ou d’incapacité mais, au contraire, il valorisera les efforts consentis.
- Adopter une approche globale, c’est-à-dire centrée sur le patient :
- prendre en compte tous les déterminants du comportement alimentaire y compris les déterminants sociaux, économiques ou culturels (approche multifactorielle) ;
- ne pas considérer le patient comme étant seul en capacité d’agir sur tous ces déterminants (éviter la culpabilisation) ;
- contribuer à rendre le patient acteur de sa santé et lui apporter des ressources qui lui permettent, s’il le souhaite, de mener à bien son cheminement ;
- ne pas cloisonner les différents aspects de la santé du patient et prendre en compte toutes ses dimensions (affective, sociale, culturelle, etc.) ;
- respecter l’équilibre individuel du patient : reconnaître que les habitudes alimentaires, même éloignées des recommandations scientifiques ; contribuent à son équilibre individuel et social.
- Présenter les recommandations comme le point de vue des experts de santé publique, le professionnel se positionnant comme médiateur entre le savoir scientifique d’une part, et le patient d’autre part.
2. La démarche à suivre
A. Commencer par faire le point
- Explorer l’environnement, le contexte familial et les traditions culinaires ainsi que les connaissances, habitudes et préférences du patient.
- Faire le point sur les habitudes alimentaires du patient :
explorer les relations du patient avec l’alimentation ;faire une estimation quantitative et qualitative de l’alimentation du patient pour repérer les éléments positifs à renforcer et les erreurs à modifier ;connaître ses goûts alimentaires pour y adapter les recommandations.
- Faire le point sur l’activité physique quotidienne, l’activité de loisirs et l’activité sportive régulière :
explorer les relations du patient avec l’activité physique ;évaluer le niveau d’activité physique pour y adapter les recommandations ;
- Explorer la représentation qu’a le patient de son corps, de son poids.
- Au besoin, calculer l’IMC. Cette pratique peut être à visée diagnostique (suspicion d’un surpoids, caractérisation du degré d’obésité) ou préventive (dépistage).
Chez les enfants, le tracé régulier des courbes de corpulence permet d’apprécier l’évolution de la corpulence de l’enfant et de repérer précocement un enfant obèse ou à risque de le devenir.
B. Informer le patient Sur la nutrition en général (recommandations alimentaires et d’activité physique) ou sur un point plus particulier (rôle des omégas 3, besoins alimentaires en fonction de l’âge, informations sur le diabète, l’hypertension, etc.).
C. Accompagner le patient dans son changement d’habitudes Il s’agit, avec le patient, de l’aider à trouver un nouvel équilibre.
- Sensibiliser : informer des bénéfices retirés d’une modification des habitudes alimentaires et des pratiques d’activité physique, expliquer les principes d’une alimentation et d’une activité physique adaptées. Mais attention : expliquer ne suffit pas ! Les influences de l’entourage, de l’environnement, les habitudes culturelles, les préférences alimentaires, etc., sont des déterminants majeurs des comportements alimentaires.
- Définir les recommandations en fonction des goûts du patient, sans recourir à une liste d’aliments interdits mais en privilégiant des recommandations positives qui soient pour lui un acquis et non une perte.
- Fixer des objectifs simples et atteignables et évaluer avec le patient sa confiance en lui, en ses chances de réussir.
- Faire le point régulièrement sur les difficultés rencontrées, valoriser les résultats obtenus et les démarches entreprises.







