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Des jardins en ville pour cultiver le lien social
À Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), des jardins familiaux ont fleuri dans un quartier fragile de la ville. Une initiative qui apporte une plus-value sociale tout en améliorant l’autonomie alimentaire et le cadre de vie.
Cela faisait longtemps que le Centre d’animation du Vieux Moulin, une association d’entraide et d’action sociale, rêvait d’un projet de jardins familiaux dans le quartier de la Monaque. Ce microterritoire de 310 logements sociaux, fragilisé socialement et économiquement, situé dans l’ensemble sud de Salon-de-Provence, manquait cruellement de projets structurants.
L’occasion s’est enfin présentée en 2001 avec le programme d’aménagement urbain lancé par la municipalité autour du nouveau complexe socio-éducatif François Blanc (écoles primaires, collèges, centre social du territoire, associations, etc.). Dans le périmètre, une friche agroalimentaire offrait l’emplacement idéal pour la création de 41 parcelles individuelles de 50 mètres carrés chacune.
Dès lors, la ville prend en charge la maîtrise d’ouvrage, met en place un comité de pilotage réunissant les différents acteurs locaux (institutionnels, associatifs, habitants) et confie la gestion du projet au Centre du Vieux Moulin. Le début des travaux commence en 2007, pour une enveloppe de 140 000 euros prise sur le budget de la politique de la ville. Deux ans plus tard, les jardins sont attribués par tirage au sort, prioritairement aux riverains, pour un droit d’entrée unique de 30 euros. Depuis cette date, ce comité de jardiniers cultive ses parcelles en concertation avec l’association et bénéficie du support technique des services municipaux et de nombreux bénévoles (le coût de fonctionnement annuel s’élève à 50 000 euros).
Autonomie alimentaire, renouveau du lien social, amélioration du cadre de vie, apaisement des tensions… En l’espace de trois ans, ces jardins sont devenus un lieu de vie pour l’ensemble de la population et ont sensiblement changé le visage du quartier. Ils permettent également d’organiser de nombreuses animations éducatives, notamment des ateliers « diététique » avec utilisation des légumes cultivés sur place ou encore des ateliers jardinage avec les écoles et centres sociaux sur une parcelle collective dédiée à ces activités.
Deux classes de Segpa de collège, accueillant des enfants ayant des difficultés sérieuses d’apprentissage, participent notamment à la mise en culture et à l’entretien régulier d’une parcelle des jardins. Une action qui contribue au renforcement des compétences psychosociales de ces élèves et favorise les liens intergénérationnels avec les usagers des jardins.







